Les jeunes générations sous pression

Génération Y, Génération sous pression ?

Du plus loin que je me souvienne, je n’ai jamais eu l’impression que mes parents me poussaient à être la meilleure partout. Et pourtant, je me suis rendue compte dans mes études et activités que je voulais réussir, souvent être la meilleure et parfois être parfaite.

Je me suis demandée d’où venaient ces exigences que je me fixais. Est-ce que ça vient uniquement de moi, ma personnalité ? Ou bien est-ce que je me fixe ces exigences à cause de la société dans laquelle j’évolue ?

Je pense que cette forme de perfectionnisme vient en grande partie de mon caractère et ma personnalité. J’aime le travail bien fait, je n’aime pas me tromper et je veux être la meilleure. Je me mets donc une certaine pression pour pouvoir réussir, ce qui provoque souvent des vagues de stress.

Cependant, la société nous pousse aussi à se fixer des objectifs de plus en plus irréalistes en terme de réussite scolaire, professionnelle, sociale… Atteindre ces objectifs nous poussent à nous dépasser. Mais lorsqu’ils ne sont pas atteints, cela peut entrainer des grosses déceptions voir parfois des crises d’anxiété ou des dépressions.

Aujourd’hui, plus d’un quart des jeunes adultes seraient touchés par un mal-être psychique. De plus, selon certaines études, le nombre de cas de dépression dans cette population aurait tendance à augmenter depuis quelques années.

Ce sentiment d’avoir la pression peut se ressentir dans différents milieux et elle peut provenir de différents déclencheurs. Ici, je vais m’intéresser à 3 domaines :

  • l’éducation
  • le monde du travail
  • les réseaux sociaux

Le Système Éducatif

Le système éducatif français est très standardisé et il repose sur un système de notation pour évaluer notre valeur. Ainsi , depuis notre enfance, nous sommes habitués à évaluer notre valeur en classe en fonction des notes qu’on reçoit. On est également en constante comparaison avec les autres pour être meilleur.

En arrivant au collège puis au lycée, ce sentiment s’accentue et devient un élément encore plus important car nos résultats scolaires constituent la base de notre dossier pour intégrer la formation post bac que l’on souhaite. Pour pouvoir avoir le choix et intégrer la formation désirée, on se met alors la pression pour obtenir les résultats suffisants.

Au lycée, je savais que je voulais faire une classe préparatoire. Et pour pouvoir intégrer une bonne prépa, il fallait que mes résultats soient excellents. Certains profs et étudiants me disaient qu’être première de ma classe m’assurerait de pouvoir intégrer n’importe quelle prépa. J’ai donc tout fait pour être première. Je me souviens ainsi avoir été souvent déprimée et déçue lorsque quelqu’un faisait mieux que moi. Avec le recul, je pense que ce n’était absolument pas nécessaire que je me mette autant de pression. Mes résultats étaient déjà très bon sans que j’ai besoin d’être absolument la première.

Arrivé dans les études supérieures, ce processus ne fait que continuer puisque maintenant on doit être le meilleur pour intégrer le master qu’on souhaite ou l’école qu’on veut ou bien avoir un certain stage.

Je pense que le fait que les recrutements dans certaines entreprises soient encore basés sur les diplômes accentuent ce phénomène. Nous sommes considérés selon nos résultats, les écoles qu’on a fait et pas encore assez sur nos compétences et/ou nos expériences.

Le monde du travail

Notre génération peut parfois être pointée du doigt pour notre manque d’engagement professionnel ou bien le fait qu’on puisse paraître sur de nous. Mais cela vient bien souvent du fait que nous ne voulons pas montrer nos faiblesses.

Pendant toute notre scolarité, se tromper était souvent mal perçu alors dans le monde du travail ce sentiment reste. Nous travaillons de notre côté, effectuons ce qu’il nous a été demandé et ce pour que tout soit parfait. Nous ne voulons pas décevoir. Cependant, nous avons besoin d’être accompagné et guidé pour pouvoir évoluer.

La crise sanitaire a ajouté un nouveau challenge pour tous les jeunes diplômés : trouver un emploi dans une crise économique et sanitaire. Les entreprises recrutent moins et ça devient difficile pour certains de trouver un job dans le domaine qu’ils souhaitaient. Beaucoup de jeunes se réorientent, voient leurs exigences à la baisse tandis que d’autres essuient refus sur refus.

Cette pression de ne pas trouver un emploi s’ajoute à la pression d’entrer dans un monde nouveau qu’est le monde du travail. Et avec des études qui ne nous préparent pas assez à cette transition, on doit apprendre à gérer tout ça.

Les réseaux sociaux

Nous avons grandi et avons connu l’apparition des réseaux sociaux. Ils sont entrés petit à petit dans notre vie ; d’abord avec Facebook puis Instagram puis Snapchat et bien d’autre. Au début, ils étaient de simples outils pour partager des photos ou messages avec ses amis. Puis, ils sont vite devenus une vitrine où chacun expose sa vie sous le meilleur jour, avec le meilleur filtre.

Nous sommes confrontés tous les jours à une image qui représente une vie parfaite, parfois fausse, à laquelle on va comparer notre vie. Cette comparaison peut alors créer un sentiment de ne pas être assez bien, de ne pas avoir réussi, de pas être assez exceptionnel. Ce qui peut créer chez certains jeunes un sentiment d’insuffisance et peut mener à la dépression.

Les réseaux sociaux reste tout de même un outil formidable de communication. Cependant, toutes les informations et données qu’on partage sont susceptibles de ressortir n’importe quand. De plus, à chaque publication, on s’expose au regard des autres et parfois aux critiques. Le cyberharcèlement est une réalité à laquelle doit faire face de nombreux jeunes.

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